28 RUE DUNOIS JUILLET 1982
12 €|ref : FR - CD 06
Ajouter au panier

28 RUE DUNOIS JUILLET 1982

Bailey D., Léandre J., Lewis G., Parker E.

Fou records
2014

Derek Bailey (guitare), Joëlle Léandre (contrebasse), George Lewis (trombone), Evan Parker (saxophone ténor et soprano)

On connait l’enchevêtrement des liens, connivences, affinités, complicités qui nouent les protagonistes de la free music, les constellations de personnalités se mettant en mouvement sur scène dans le geste ardent de l’improvisation. Derek Bailey et Evan Parker se sont rencontrés à Londres en 1966 au sein du Spontaneous Music Ensemble de John Stevens, ils sont devenus co-directeurs en 1970 du label Incus, ont fréquemment enregistré ensemble en duo et en compagnie d’innombrables autres partenaires, jusqu’à leur séparation pour « incompabilité d’humeur » en 1985. George Lewis fut l’hôte d’une Company de Bailey à Londres en mai 1980 avec Evan Parker et Dave Holland (“Fables”, Incus) et retrouva le saxophoniste, en compagnie de Barry Guy et Paul Lytton, à Bruxelles en 1983 (“Hook, Drift & Shuffle”, Incus/psi). Joëlle Léandre fut quant à elle l’invitée d’une Company Week à Londres en mai 1983, en trio avec Derek Bailey et J. D. Parron (“Trios”, Incus), elle enregistra quelques jours plus tard à Paris un Trio en forme de bagatelle en compagnie de Derek Bailey et Ernst Reijserger, ainsi qu’une Ballade de chien avec George Lewis et Barre Phillips (“Les Douze Sons”, Nato). Tous les quatre ne cesseront de se recroiser et d’enregistrer ensemble à de nombreuses occasions, ici et là, dans toutes espèces de configurations.
 
En 1982, c’est au Dunois, dans le 13e arrondissement de Paris — où se concentre pendant une douzaine d’années une grande partie de l’histoire des musiques improvisées dans la capitale — qu’eut lieu leur splendide et chatoyante mais unique rencontre. La seule et unique rencontre de ces quatre personnalités. La musique de ce CD présente l’intégralité du concert, seul le premier morceau du premier set est divisé en deux plages distinctes. Ainsi entend-on les musiciens se chercher dans les premières minutes du premier set avant de se mettre au travail en quête d’une identité de groupe. Car le plus excitant dans l’improvisation libre réside précisément dans l’interaction instantanée, toutes oreilles grandes ouvertes, entre les membres du groupe afin de révéler-dévoiler la magique quintessence d’une entité unique et éphémère, que l’enregistrement seul permet d’immortaliser. Ici, si la musique est splendide, le mixage d’ensemble, réalisé en sur le moment (stéréo directe oblige), ne l’est pas forcément toujours. Alors jeune preneur de son enthousiaste et curieux,  Jean-Marc Foussat muni de son Revox, de sa petite table de mixage et de ses micros n’en était encore qu’à ses débuts en matière de prise de son live.
 
C’est le guitariste qui ouvre le premier set, immédiatement rejoint par la basse, puis par les deux souffleurs. Pendant l’intégralité du concert, le quatuor laisse volontiers s’épanouir des duos, voire des trios, un peu comme on aère une pièce en ouvrant la fenêtre. Alternances de brusques à-plats et jets de couleurs, de zigzags et de zébrures, mais aussi de délicats pastels et autres exquises aquarelles, au coeur d’une passionnante mosaïque de timbres et de textures en constante évolution.
 
Gérard Rouy, juillet 2014
 
 
The fundamental tension between freely improvised music’s momentary existence in performance and the monumentalizing impact of media becomes more nuanced with each new delivery system. While MP3 files lack the totemic mass of box sets of discs, they nevertheless have a compensating spectral power. The rise of the archival recording compounds this tension, particularly when one is proffered to be the long-missing puzzle piece that completes the picture of how an artist or a movement evolved. Whether a newly discovered recording confirms the historical record, prompts revisions in dating and tracing musician networks, or upends academic tropes, the quality of its reception now is far from what it would have been at the time it was made.     
 
This will certainly be the case with Dunois ‘82, given the subsequent, entwined histories of Derek Bailey, Joëlle Léandre, George Lewis and Evan Parker, unless the music is heard in a contemporary context. Their respective activities during 1982 are representative of a year when the international improvised music network was rapidly expanding its circuits. Bailey spent the autumn and winter in New York, recording with Cyro Baptista, John Zorn and others, and convening the first Company outside of London. Parker toured Japan for the first time, which yielded his first solo tenor saxophone performance issued on disc. In June alone, Lewis recorded with Globe Unity Orchestra and participated in the London Company Week. Although Léandre still devoted considerable energies to the music of Cage, Scelsi and other composers, she was increasingly focused on improvisation when she met Lewis, Bailey and Parker in rapid succession; during her New York residency late in the year, she participated in Bailey’s Company.
 
Given the historical gravity these four improvisers now possess in the international improvised music community and its narratives, it is almost reflexive to listen to Dunois ’82 historically, to parse out what hundreds of subsequent recordings have confirmed to be signature methods and materials from what is more rare, even anomalous. In doing so, however, the music is stripped of what made it new: the energies of the times – well represented by the programming of Paris’ Théâtre Dunois, the site of Léandre’s renowned Carte Noire series a year later (which included both Bailey and Lewis) – and the palpable sense of an unconditioned chemistry between these musicians (to call them a quartet would be an inappropriate imposition of a group identity).
 
Some insist that freely improvised music has become a genre wrought with conventions; that its initial, fragmentary utterances, the coalescing banter that rises and falls (usually just once), and the often prolonged attempts to disengage, are as predictable as the development in a movement of a Beethoven piano sonata. Dunois ’82 refutes such assertions and the mode of listening that promotes them. More than 30 years later, this is still new music.   
                                                                       Bill Shoemaker, August 2014

• • • l'album a été ajouté
• • • l'album a été ajouté