BODY AND SOUL
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BODY AND SOUL

Caratini Jazz ensemble

Les disques de nos amis
2015
Le Caratini Jazz Ensemble : Patrice Caratini (contrebasse et direction), André Villéger (saxophones/clarinette), Matthieu Donarier (saxophones/clarinette), Rémi Sciuto (saxophones/flûte), Claude Egea (trompette), Pierre Drevet (trompette), François Bonhomme (cor), Denis Leloup (trombone), François Thuillier (tuba), Bastien Stil (tuba), Alain Jean-Marie (piano), David Chevallier (guitare/banjo), Thomas Grimmonprez (batterie), Sebastian Quezada (percussions), Abraham Mansfarroll (percussions), Inor Sotolongo (percussions).

Le nouvel album du Caratini Jazz Ensemble, Body and Soul, enregistrement public de la création de Patrice Caratini autour du film éponyme d’Oscar Micheaux, en juillet 2013 au Paris Jazz Festival.

« N’importe quel fan de jazz vous dira que Body and Soul est un standard popularisé par Louis Armstrong en 1930, neuf ans avant d’être immortalisé par Coleman Hawkins ; en revanche, il saura moins sûrement que Body & Soul est le titre de l’un des premiers chefs d’œuvre du cinéma afro-américain, un film qui a fait couler beaucoup d’encre au sein de sa communauté, au cœur des années vingt, en lançant la carrière à l’écran du chanteur, acteur et militant de la cause noire Paul Robeson.

De fait, s’il a été tourné au plus fort de ce que l’histoire aura retenu comme le Jazz Age, ce film d’Oscar Micheaux n’était pas vraiment concerné par la nouvelle école musicale qui enfiévrait l’Amérique depuis la fin de la Grande Guerre. Œuvre impressionniste portée par une intrigue à tiroirs, de magnifiques séquences oniriques et la mise en abyme de flashbacks, Body & Soul évoque le triste sort d’une jeune femme vertueuse de la Géorgie rurale, victime d’un escroc cynique (Robeson) déguisé en homme d’église. Abusée et dépouillée par son bourreau, contrainte de s’exiler, l’héroïne trouve refuge dans le ghetto d’Atlanta où elle meurt dans une misère crasse.

Ce drame social, très éloigné par son propos des bluettes qui offrent au jazz ses meilleurs standards, évoquait davantage la brutalité des rythmes du corps et les harmonies vénéneuses de l’âme que l’insouciance joyeuse de la musique jungle. Oscar Micheaux, aujourd’hui reconnu comme le père du cinéma afro-américain, a d’ailleurs provoqué l’ire de la censure blanche comme la réprobation de l’élite noire de son temps pour avoir osé dresser ce portrait « immoral et sacrilège » d’un pasteur corrompu et libidineux.

Cet album, enregistré lors de la première du ciné-concert Body & Soul au Parc Floral de Paris, donne la mesure de la formidable maîtrise de l’orchestre de Patrice, et plus encore de sa connaissance intime du jazz. Il reste à espérer que ce disque transmettra largement l’envie de venir assister, en direct, à l’une ou l’autre des projections du film données en présence du Caratini Jazz Ensemble. »

Sebastian Danchin – Directeur artistique du Paris Jazz Festival

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