CRESCENDO IN DUKE
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CRESCENDO IN DUKE

Delbecq Benoît

nato
2012

« Le monde de Duke Ellington est un monde de danse, de chavirements et  d'orfèvrerie sonore. Jouer sa musique, c'est se mettre au service d'un influx créatif unique qui a la  vertu d'appeler à des prolongements fugitifs d'aujourd'hui ».

Benoît Delbecq

L’importance de Duke Ellington comme compositeur essentiel du XXème siècle, à l’œuvre gigantesque, est une évidence ; le pianiste n’est pas en reste, le chef d’orchestre non plus. Ellington, par ces trois facettes, a fasciné sur sept décennies tous ses contemporains autant que les générations qui lui ont succédé. Qu’ils soient boppers (Max Roach, Dizzy Gillespie, Charles Mingus, Thelonious Monk..), free Jazzmen (Archie Shepp, Sun Ra, John Coltrane, Don Cherry, Art Ensemble of Chicago, Steve Lacy…), jazz-rockers (Weather Report, Herbie Hancock…) ou porteurs des ces héritages sous d’autres formes (Lol Coxhill, Louis Sclavis…), il sont nombreux à avoir été marqués par la contribution faramineuse du Duke à l’histoire de la musique en général et celle du jazz en particulier.

 

Le pianiste Benoît Delbecq, au sens de l’architecture musicale si précis, ne pouvait que rencontrer l’œuvre de celui qu’il est communément convenu d’appeler le Duke. Une autre évidence !

 

Cette évidence, on l’a entendue très vite alors qu’elle éclatait lors des fulgurances d’une génération nouvelle se révélant dans les années 90 aux Instants Chavirés, avec Noël Akchoté et Steve Arguëlles (formant avec Delbecq le trio phare The Recyclers) ou avec le groupe Kartet. Le pianiste de Bougival, né en 1966, est un inlassable bâtisseur, élève d’Alan Silva, Steve Coleman ou Mal Waldron, il est aussi un chercheur déterminé s’adonnant à l’électro-acoustique. Son piano préparé est devenu un orchestre dans l’orchestre. Il organise différentes formations : son Unit, ses trios et quintet. Il joue avec Mark Turner, Evan Parker, Han Bennink, Tony Coe, François Houle, Katerine, Andy Milne, Los Incontrolados ou D’ de Kabal. Son exigence et grande, mais le pousse toujours vers l’ailleurs en un chemin maîtrisé, un ailleurs qui peut être free, swing ou funky, toujours signé. Son disque The sixth jump a été sélectionné dans les 10 meilleurs disques de jazz dans le New-York Times, fait rare pour un frenchman.

 

Benoît Delbecq est un passionné d’Ellington, du pianiste et du compositeur. Travailler son répertoire, c’est à la fois abandonner un peu de timidité face à un tel géant, mais aussi le comprendre mieux, saisir les ponts que cette musique a dessinés pour notre présent. Lorsque Benoît Delbecq reprend Ellington, il ne s’abrite pas derrière le répertoire, il affirme toute son originalité.

 

Pour Crescendo in Duke, Delbecq ne revisite pas forcément les thèmes les plus « standards » du répertoire Ellingtonien, il explore ! Car au-delà des arbres magnifiques maintes fois entendus et joués, se cache une forêt de plus de 1500 titres.

 

Et comme tout a deux faces (et l’univers Ellingtonien est riche de cette évidence), le pianiste a réuni deux groupes d’amis, un à Meudon avec une section de souffleurs de trois générations : Tony Coe (né en 1934, pilier du jazz britannique, soliste d’Henry Mancini, compagnon de Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie ou Paul Gonsalves…), Tony Malaby (né en 1964 compagnon de Paul Motian Charlie Haden, Michel Portal ou Joachim Kühn…) et Antonin-Tri Hoang (né en 1989, membre de l’ONJ…)  et une rythmique avec deux complices de toujours : Jean-Jacques Avenel (contrebassiste de Steve Lacy pendant près de 30 ans - une fidélité toute ellingtonienne) et Steve Argüelles (batteur du Ronnie Scott à 16 ans,  batteur de Steve Lacy, Tony Coe, Lee Konitz, Gilad Atzmon ou du chanteur Katerine…). Avec eux, il joue l’intégralité de la « Goutelas suite », spécialité française du Duke ou le très osé « Diminuendo and Crescendo in Blue »…

 

À Minneapolis, avec les Hornheads (souffleurs du NPG de Prince, mais aussi de Chaka Khan, Mavis Staples ou Aretha Franklin), Yohannes Tona (bassiste de Mahmoud Ahmed ou Jef Lee Johnson…) et Michael Bland (batteur de Prince, de Michel Portal), c’est un autre aspect d’Ellington qui est abordé, jamais loin du rhythm’n’blues. Le choix funky des interprètes évoque aussi ici l’intérêt d’un autre employeur de Minneapolis pour le Duke, à savoir Prince, marquant ainsi la prédominance toujours actuelle de sa musique dans la création afro-américaine contemporaine.

 

Duke Ellington, grand bâtisseur, musicien savant et populaire à la capacité de réconciliation étonnante, qualité des plus nécessaires convoquée ici par Benoît Delbecq en ces temps qui en ont bien besoin.

 

 

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Benoît Delbecq : piano, piano préparé, bass-station

Steve Argüelles : batterie, timbales, percussions, électroniques

Jean-Jacques Avenel : contrebasse

Michael Bland : batterie

Tony Coe : clarinette, saxophone soprano

Antonin-Tri Hoang : clarinette basse, saxophone alto

 

The Hornheads :

Michael Nelson : trombone

Steve Strand : bugle

Dave Jensen : bugle

Kenni Holmen : saxophone ténor

Kathy Jensen : saxophone baryton, clarinette

 

Tony Malaby : saxophone ténor, saxophone soprano

Yohannes Tona : basse

 

 

Rappels :

 

Benoît Delbecq et Steve Arguëlles figurent sur Buenaventura Durruti (nato 3164-3244)

Les Voix d’Itxassou (nato 1957) de Tony Coe ont été rééditées en 2011

Yohannes Tona joue sur The Zimmerman Shadow (Hope Street 8) de Jef Lee Johnson

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