DEADLY WEAPONS
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DEADLY WEAPONS

Beresford / Zorn / Marshall / Toop

nato
1986

 RÉÉDITION 2011

1986  Steve Beresford, John Zorn et David Toop, en compagnie de l’actrice réalisatrice Tonie Marshall, signent Deadly Weapons. L’ambiance est au film noir : « ça s’appelle un disque phare ou un diamant noir. » (Première)

Réédition octobre 2011

Deadly Weapons est un album clé pour les disques nato.


En 1985, John Zorn joue pour la première fois en France avec Steve Beresford et David Toop au festival de Chantenay-Villedieu. Deadly Weapons, réalisé l'année d'après, est la suite naturelle de ce concert remarqué. Steve Beresford, lui, est un des piliers de la maison ; avec Deadly Weapons, il synthétise ses éclectiques et fourmillantes approches en un seul projet. David Toop a déjà enregistré pour nato avec le groupe Alterations et participé à l'album de son compère Steve Beresford : Dancing the Line Anne Marie Beretta. Tous trois sont d'incorrigibles cinéphiles. Tonie Marshall est alors actrice, et quelle actrice ! Elle va bientôt passer de l'autre côté de la caméra et devenir une cinéaste de premier plan. 


Deadly Weapons est un disque-film comme les affectionne particulièrement la maison du chat. Il joue sur différents plans et s'en joue. Champ et hors-champ. Lors de sa sortie, il divise : le livret rappelle comment s’offusquèrent les puristes et comment se réjouirent les autres !


Si Deadly Weapons, premier album londonien de nato, ouvre bel et bien la marche (toujours randonneuse) de ce qui va suivre, il s'inscrit assez logiquement dans ce qui a précédé en affichant des libertés nouvelles et sa passion des images sans masques.

 

Cette édition, nourrie de photographies nouvelles et de textes resituant ces petites turbulences dans leur époque, offre une occasion plus apaisée qu'à sa sortie initiale de goûter la boîte à images sonores de Deadly Weapons.

 

Steve Beresford : piano

Né le 6 mars 1950 à Wellington dans une famille de musiciens, Steve Beresford étudie le piano à 7 ans et devient plus tard trompettiste dans un orchestre qui joue des standards de soul music. Il entre à l'Université de York où enseigne le clarinettiste Alan Hacker. En 1974, Steve Beresford s'installe à Londres. Les idées fusent. Il pratique allègrement l'improvisation libre avec les membres du Spontaneous Music Ensemble puis avec Derek Bailey qui l'invite dans plusieurs de ses "Company". On le retrouve dans le Portsmouth Sinfonia aux côtés de Brian Eno et Gavin Bryars. Il rencontre le guitariste-flûtiste David Toop à cette époque et ensemble, avec le guitariste Peter Cusack et le batteur Terry Day, ils créent le groupe Alterations, orchestre d'improvisation libre qui se distingue des autres par sa non "religiosité de genre" et son absence d'interdits. On l'aperçoit à la basse avec les Roogalator alors qu'il flirte avec le rock expérimental des groupes Flying Lizzards ou le punk de The Slits. Fin des années 70, c'est le temps d'autres rencontres déterminantes pour cette figure essentielle du renouveau de la vie musicale londonienne, à New-York avec Eugene Chadbourne, Toshinori Kondo et surtout John Zorn. Les années 80 voient aussi s'afficher son intérêt pour la réalisation (production) qu'il exerce d'abord en duo avec David Toop pour le groupe Frank Chickens (on les retrouve ensemble aussi avec Prince Far-I). Avec Toop, il se produit sous le nom de General Strike. Ses talents de chanteur se révèlent.  En 1982, c'est la rencontre avec les disques nato dont Steve Beresford va devenir l'un des piliers essentiels. Ses enregistrements sur nato ou la collection Chabada font la synthèse de son éclectisme et mettent en avant ses qualités d'orchestrateur, d'arrangeur, de compositeur et bien sûr d'improvisateur. Il figure sur les albums de Tony Coe, Lol Coxhill, Alterations, Kazuko Hohki, Mike Cooper, il conçoit une suite très remarquée pour la styliste Anne Marie Beretta (portée à la scène lors du festival Banlieues Bleues), joue en duo avec Han Bennink et en quartet avec David Toop, John Zorn et l'actrice Tonie Marshall, il dirige son orchestre (Steve Beresford, his piano & Orchestra) pour des reprises de Charles Trenet ou pour accompagner les chansons de Brigitte Bardot ou les rainy songs par Kazuko Hohki.  Dans les disques-maison à thème, il arrange Satie pour les Films de ma ville après lui avoir rendu hommage dans 7 Tableaux phoniques, illustre Spirou et Fantasio et le chien Attila pour Bandes Originales du journal de Spirou, visite Sidney Bechet dans Vol Pour Sidney. Il est aussi membre fondateur du quartet The Melody Four qui devient trio en quelques heures.

 

Tonie Marshall : voix


Le 29 novembre 1951 naissait Tonie Marshall, fille de la grande comédienne Micheline Presle et du réalisateur américain William Marshall (également père du fils de Michèle Morgan, Mike Marshall). Jacques Demy lui offre ses débuts d'actrice au cinéma en 1973 dans L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune. Au théâtre elle s'associe aux projets de Jean-Michel Ribes et Roland Topor et fait partie de l'équipe de l'émission télévisée Merci Bernard ou Palace. Si elle tourne avec Claude Zidi (Les Sous doués) et Frédéric Mitterrand (Paris Vu par 20 ans après où elle chante), c'est avec les réalisateurs Gérard Frot-Coutaz, Jacques Davila et Jean-Claude Biette qu'elle développe une véritable complicité familiale, notamment dans les films Beau temps mais orageux en fin de journée, Le champignon des Carpathes, Chasse Gardée, La campagne de Cicéron et Qui trop embrasse. C'est suite à une projection de ce film qu'elle rencontre, sur la recommandation d'Anne Wiazemsky, l'équipe des disques nato pour incarner une voix rêvée (littéralement) dans le projet Deadly Weapons avec Steve Beresford, John Zorn et David Toop. L'ensemble se produit en 1987 aux Berlin Jazz Days (David Weinstein remplaçant David Toop) et Tonie Marshall participe ensuite au projet de Steve Beresford dédié aux chansons de Charles Trenet (L'extraordinaire Jardin de Charles Trenet) avec les chanteurs Beñat Achiary, Zozo Shuaibu et Laura Davis. Elle se produit avec l'ensemble au Festival de Marne-la-Vallée. C'est à cette époque en 1989 qu'elle entame sa carrière de réalisatrice avec le film Pentimento pour lequel Steve Beresford écrit la musique. Ce film est aussi l'occasion de découvrir Antoine De Caunes acteur, lequel ne parvient guère à se mettre dans la peau nécessaire d'un Cary Grant ou d'un Gregory Peck dans cette comédie cousinant avec celles de Stanley Donen. Elle travaille ensuite pour deux films avec Anémone puis rencontre le succès populaire avec Venus Beauté qui voit les premiers pas d'Audrey Tautou. En 2002, elle réunit Catherine Deneuve et William Hurt pour son film, peut-être le plus personnel, Au plus près du Paradis. On la compte parmi les réalisateurs importants du nouveau cinéma français. En 1997, Tonie Marshall fait partie du mouvement des cinéastes pour la défense des sans-papiers. Elle repasse à l'occasion devant la caméra comme dans Pour Rire de Lucas Belvaux.

 

David Toop : guitare, flûte 

 

Né en 1949, David Toop fut dans les années 70 avec David Cunningham l'un des membres du légendaire groupe de rock expérimental The Flying Lizzards, on se souvient de leur grand tube : une excentrique version pour Virgin de "Money" de Barrett Strong. C'est avec les Flying Lizzards qu'il rencontra Steve Beresford. Tous deux furent membres du quartet Alterations et formèrent le duo General Strike. Ils constituèrent également un duo de production dans les années 80 à l'oeuvre sur les disques des Frank Chickens ou Ted Milton. Toop a enregistré pour Brian Eno avant de constituer son propre label et publier ses propres enregistrements de chants shamaniques d'Amazonie. Force essentielle des scènes expérimentales et improvisées d'Angleterre, ce guitariste, flûtiste a joué et enregistré outre Brian Eno avec John Zorn, Prince Far I, Jon Hassell, Derek Bailey, Evan Parker, Max Eastley, Scanner, Ivor Cutler et Bill Laswell. En 1984, il participe au festival de Chantenay-Villedieu avec Alterations - les jours suivants le groupe enregistre My Favorite Animals -, l'année suivante, il s'y produit avec General Strike, participe au disque de Steve Beresford pour Anne Marie Beretta, enregistre un duo avec Kazuko Hohki pour Alternate Cake et en 1986 est de l'aventure Deadly Weapons. Critique avisé, on a pu le lire dans The Wire, The Face, The Times, The Sunday Times, The Guardian, Arena, Vogue, Spin, GQ, Bookforum, Urb, Black Book, The New York Times et The Village Voice ; il a également publié trois livres essentiels à la compréhension des musiques du 20ème siècle : Rap Attack, Ocean of Sound et Exotica. Depuis l'an 2000, il est largement reconnu comme commissaire d'importantes expositions sur la mode ou l'art sonore.

 

John Zorn : saxophone alto, clarinette, appeaux


John Zorn naît à New-York en 1953. Il joue du piano, de la flûte et de la guitare ainsi que de la basse dans un groupe de surf. Il commence également à s'intéresser aux méthodes de composition. Stockhausen, Mauricio Kagel, John Cage ou Charles Ives sont d'immédiates fortes influences. Il parfait ses connaissances et sa pratique du saxophone au Webster College de St Louis où il rencontre le Black Artists Group. Puis les musiciens de l'AACM de Chicago. Anthony Braxton devient un autre modèle. Oliver Lake est l'un de ses professeurs. Les oreilles tous azymuths, son attention est également retenue par les musiques de Scott Bradley ou Carl Stalling pour les dessins animés de Tex Avery, de Chuck Jones ou Fritz Freleng. En 1976,à Manhattan, il se tourne vers l'improvisation libre et joue avec Henry Kaiser, Eugene Chadbourne, Fred Frith, Arto Lindsay, Anton Fier, David Moss, Christian Marclay, George Lewis, Derek Bailey, Bill Laswell, Tom Cora... En 1985, il se rend en France pour la première fois à l'invitation du festival de Chantenay-Villedieu où il se produit avec General Strike (Steve Beresford et David Toop) Il enregistre parallèlement pour nato une composition intitulée "Godard" publiée sur le disque Godard ça vous chante ? Suivent Morricone et Spillane sortis sur None Such (division de Warner Bros) qui précise sa passion pour le film noir qui va être déterminante pour la suite. Il joue à Chantenay-Villedieu avec George Lewis et Bill Frisell (trio qui enregistrera dans la foulée pour Hat Hut) ainsi qu'avec Steve Beresford, Bill Frisell et Tony Hymas ou en duo avec Michel Doneda. Avec Beresford, Toop et l'actrice Tonie Marshall, il enregistre à Londres pour nato Deadly Weapons, orchestre qui se produira à Berlin. L'orient, le film noir, le sado-masochisme sont trois clés de l'univers de John Zorn de la fin des années 80, on y ajoutera une relecture de ses maître en jazz, Sonny Clark et Ornette Coleman dans deux disques notoires Voodoo Sonny Clark Memorial ou Spy vs Spy avec le saxophoniste Tim Berne. Christian Marclay, Arto Lindsay, Bill Frisell, Anthony Coleman, Bobby Previte, Joey Baron, Michael Blair, Wayne Horwitz, Ikue Mori sont parmi les musiciens qui constituent ses ensembles à géométries variables pour lesquels Zorn utilise sa technique de composition à carte. En 1991, Painkiller confirme sa passion pour le hardcore. John Zorn crée la maison de disques Tzadik qui lui permet d'afficher de façon prolixe la multiplicité de ses attachements musicaux et ses directions diverses.

 

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