MIDNIGHT TORSION
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MIDNIGHT TORSION

Watson Eric

Émouvance
2009

Eric Watson : piano, compositions
Elise Caron : voix
Régis Huby : violon
Claude Tchamitchian : contrebasse

Musique inspirée du poème d’Edgar Allan Poe, Le Corbeau (traductions de
S. Mallarmé et C. Baudelaire).

"Chacun de nous porte en soi sa musique de nuit. Celle qui surgit ici prend sa source sur les "rivages plutoniens" évoqués par Edgar Poe (Le Corbeau), et rappelle à notre souvenir d'autres musiques de nuit, celles de Bartok, d'Enesco ou de Ravel, elles aussi froissés, sonores et organiques ! Lieu idéal du mirage, de la distorsion, la nuit dont les sons nous parviennent ici est faite d'envolées lyriques en même temps que de grandes âpretés, de stridences, de martèlements..."

                                         Anne Montaron

 




C’est l’Evening mirror qui imprima le premier « The Raven »qui allait inspirer Manet et Mallarmé et dont Baudelaire devait reprendre le formidable « Jamais plus »ou  « Never more».
La musique d’Eric Watson, inspirée du poème d’Edgar Allan Poe, accompagnait à l’origine la création Lettres, spectacle chorégraphique de la compagnie de Charles Créange, donné lors du festival de Strasbourg Jazz d’Or, en novembre 2007. Le compositeur songeait « à un rapport presque tactile entre musique et danse, ayant constitué un dispositif plutôt intimiste composé d’un piano, de deux instruments à cordes et d’une voix soprane.»
Très vite, les musiciens éprouvèrent le désir de s’approprier cette partition musicale, sans plus tenir compte des dispositifs scéniques et dramaturgiques. C’est l’origine de Midnight Torsion, projet musical d’improvisations, structurées par un texte en français et anglais, lu et chanté : un « sprechgesang » sensible et envoûtant, puisque c’est à la chanteuse comédienne Elise Caron qu’il fut demandé de se lancer dans cette aventure avec le goût, l’énergie, le talent qu’on lui connaît.
 Admirablement secondée par le travail précis et affûté de Régis Huby au violon et de Claude Tchamitchian à la contrebasse, voilà une musique d’atmosphère qui saisit inéluctablement : on ne peut que s’abandonner en frissonnant à ce climat étrange, inquiétant, fantastique comme dans un film du genre. On est pris au cœur de la tourmente dans « The Visitor », malmené, bousculé, violenté même dans « Midnight extorsion ». Et jamais très loin de « La Chute de la maison Usher ».
Le jazz est très loin, même si surgit, le temps d’un bref et doux répit, le piano d’Eric Watson avec la pulsation de « Lenore », le nom de la femme aimée.
Au cœur de ces ténèbres qu’entretiennent cordes grinçantes, acérées, stridentes à souhait, crissements et frottements de l’archet, revit alors l’esprit de Poe, le maître du mystère, des dédoublements et apparitions, le chantre de ce réalisme étrange qui conduit au rêve, vite transformé en cauchemar.
Une musique grave, exaltée, exigeante, lyrique que sert la plainte de tous les instruments .

Comme toujours avec Emouvance, on retrouve la griffe du label, sa cohérence esthétique et artistique : le graphisme coloré, soigné de la pochette, le livret ombré de fantômes de textes, les notes de pochette explicites d’Eric Watson, assorties d’une présentation des plus pertinentes d’Anne Montaron, la prêtresse de la nuit d’A l’improviste, sur France Musique.
Une réalisation en tous points originale qu’il faudra aller découvrir en live pour sentir l’esprit du poète souffler derrière «the Purple curtain».

Sophie Chambon

 

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