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SI TU REGARDES
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15 €|ref : LIN 4028-16
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SI TU REGARDES

Okidoki Quartet

Linoleum
2016

Laurent Rochelle (clarinette basse, saxophone soprano, compositions), Frédéric Schadoroff (piano, effets), Olivier Brousse (contrebasse), Eric Boccalini (batterie), Anja Kowalski (voix, textes).

Ouvert à diverses formes musicales, du classique au jazz en passant par l'école répétitive de Philip Glass, le saxophoniste et clarinettiste français Laurent Rochelle sort un premier disque de longue durée avec le quartet Okidoki auquel s'est jointe, pour trois titres sur dix, la chanteuse bruxelloise Anja Kowalski.

Echappant aux habituels critères du jazz conventionnel, les compositions de Si Tu Regardes s'inspirent souvent de musiques modales basées sur des ostinatos sans pour autant tomber dans le piège d'un minimalisme robotique aux beats répétés à l'infini. Et puis d'abord, ici, tout est acoustique même dans ce genre de boucles que l'on confie habituellement à des synthétiseurs, si bien que la musique garde un côté organique même si elle louche avec envie sur un imaginaire cybernétique. Prenez le morceau Okidoki par exemple: son motif de clarinette basse débouche rapidement sur un groove échevelé, comme les machines n'en produiront jamais, qui rend possible de juteux échanges entre les quatre musiciens. Basse, batterie, piano et clarinette basse deviennent alors intriqués dans de foisonnants échanges qui montent en spirale et éclatent en feu d'artifice avant de retomber en finale, comme par magie, sur le motif initial.

A l'autre bout du spectre, Morgen est une pièce réflective hantée par un texte déclamé en allemand par Anja Kowalski et où les notes de piano enveloppées par la réverbération apportent leur part de spiritualité éthérée avant qu'un imposant solo du leader n'occupe tout l'espace. Entre ces deux extrêmes, le programme offre toutes sortes de réjouissances comme le passionnant solo de clarinette basse sur la rythmique endiablée de Synchronicity, ou Airports dont les tourneries obsessionnelles évoquent la frénésie qui prévaut dans de ce genre d'endroit, ou encore le titre éponyme sur lequel le leader démontre dans une improvisation élégiaque qu'il maîtrise autant les subtilités du saxophone soprano que les basses fréquences de sa clarinette. Une mention spéciale doit être réservée au pianiste Frédéric Schadoroff très présent partout et qui captive aussi bien par son jeu néo-classique introduisant certains morceaux (Cevennes ou Zeit par exemple) que par son accompagnement efficace et ses improvisations fluides et inspirées où chaque note compte.

Cet album séduit d'emblée pas seulement parce qu'il combine ambition et accessibilité ou qu'il regorge de belles mélodies mais aussi parce qu'il contribue à élargir la notion d'éclectisme en musique de jazz. A découvrir.

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