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Boni Raymond

Émouvance
2012

 
Raymond Boni solo (guitare, harmonica)

 

Guitariste
Depuis l’âge de 21 ans, Raymond Boni est présent sur la scène du jazz et de la musique improvisée. Son instrument principal est la guitare, mais il joue aussi fréquemment de l'harmonica.
Musicien hors pair, il se produit du solo au big band dans toute l’Europe, au Japon, aux Etats-Unis, au Canada, à Madagascar, à Taïwan et en Arménie.
Ses partenaires sont de tendances artistiques très diverses.

Également compositeur, il est auteur de musiques pour films documentaires, pièces chorégraphiques et théâtrales, contes et lectures. Raymond Boni participe à de nombreuses créations. Témoins de ce parcours, une cinquantaine de disques ont été enregistrés.

De la guitare de Boni, qu’elle soit électrique ou acoustique, s’échappent des échos du flamenco, de la rumba, des traditions « tziganes » d’Europe centrale ou des Balkans, des bribes de chansons, de standards de jazz, des tournures qu’on reconnaît comme la signature de grands improvisateurs… S’échappent aussi des phrases imprévisibles, comme des appels du futur. Cela ne tient pas à la mise en œuvre d’un programme préalable ou à un souci d’encyclopédisme, et pas plus à une recherche à tout prix de l’originalité, non, c’est parce que cette musique va (« se laisse aller », dirait-on) au fond d’elle même , au fond des choses. Boni réussit à rendre manifeste son appartenance à une communauté à travers une expression totalement personnelle. C’est ainsi qu’au-delà de la musique, l’improvisation fait place à des impressions que nous entendons comme des échos de « la vie même ».
Patrick Williams.

Nouveau solo au catalogue du label marseillais Emouvance : Welcome de Raymond Boni, ou la poésie à nu du combo guitare-harmonica.

Guitare/harmonica ? Le fantôme de Bob Dylan plane sur ce duo. Mais Raymond Boni le malicieux prend son auditeur de court dès la première plage : “Welcome” et sa profession de foi sont empruntées à John Coltrane : “[La] musique [de John Coltrane] ouvre les yeux, et face à l’exclusion que subissent une majorité d’êtres de cette planète, j’ai pensé que ce chant était universel.”, lit-on dans les notes de pochette (extrait d’un entretien avec Patrick Williams, auquel est dédié le morceau “Un Manouche dans New York”). Ouvrir les bras, ouvrir l’esprit, ouvrir la musique. Les fantômes de la folk ont été ici digérés et associés à une démarche de recherche et d’expérimentation qui dure depuis plusieurs dizaines d’années : l’harmonica est méconnaissable. Prenant la place du piano sur le thème de Coltrane, il est traité de manière à emplir l’espace d’écho et de résonance, tandis que la guitare, en guise de saxophone, surfe sur son nuage. Bientôt, les deux instruments sont indissociables, et l’on ne sait plus lequel est amplifié et lequel ne l’est pas.
Si l’enregistrement n’a pas été fait dans une chapelle d’une colline quelconque de la brousse marseillaise mais au GMEM, centre national de création musicale dédié à la musique contemporaine et aux musiques expérimentales en général, il nous y emmène. Raymond Boni domine le paysage tout autant qu’il le respire. Les bruits de la mer (enregistrés et mixés par Bruno Levée (qui signe le mix de la totalité du disque) avec la participation de la cinéaste Christine Baudillon dont nous avons parlé ici) se confondent avec ceux du bateau-guitare de notre “gitan marin”, dont on imagine les yeux pétillants et le sourire en coin. C’est qu’il s’agit de ne pas oublier la bonne humeur, celle qui allège et renforce d’un même geste le combat :
Content de ne pas être le seul à choisir la fragilité
ce disque est dans cette optique musicale
comme cette guitare
qui n’est pas un meuble policé
propre et brillant
comme cet harmonica usé
par quatre années
de jeux abusifs
une musique directe
sans coupure
liée aux sons de la vie
espérer ne pas être le dernier
à choisir la fragilité
Et la guitare de jouer avec les sons de la nature comme un chat avec une pelote de laine. C’est que Raymond Boni n’est ni devant ni au-dessus mais bien dans le monde. “La musique a toujours existé, bien avant l’homme, nous avons besoin d’elle comme de l’air que nous respirons. Mais elle, n’a pas besoin de nous.” La musique existe-t-elle vraiment en-dehors de celui qui la fait et, surtout, de celui qui l’écoute ? Pas sûr. Cependant,ce que l’on comprend, c’est que l’indifférence du roulement de la vague qui clôt l’album sur un hommage à Nina Simone, “Black Is The Colour Of My True Love’s Hair”, n’est pas un obstacle mais bien un encouragement.

Raymond Boni était à la boutique des Allumés du Jazz le samedi 17 mars  pour le dernier  apéro concert de la Boutique des Allumés du Jazz

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